Les derniers convois. Leurs bennes alourdies…Des traces de pneu dans le sol, de la terre et des graines le long des fossés. Les convois « n’ont pas l’air viril, mais ils font peur à voir ». Leurs machoîres serrées ou dépliées. D’exceptionnels convois que l’on a du mal à doubler sur nos départementales. C’est le sprint final. L’emballage. Pas vraiment, mais presque…Des tas d’or broyé prés des silos. A même le sol.
Un va-et-vient qui va se poursuivre. Mais sans l’émotion. L’excitation de ces dernières heures, en nocturne. Tous feux allumés. Ces dernières parcelles avec la pluie, un peu, mais pas trop. Pour les roues qui doivent pouvoir passer, sans trop s’enfoncer.
Terrien, pas amphibien. Bien sûr, l’eau qu’il a fallu pomper, de-ci, de-là…Facile pour ceux qui ont les hectares prés des points d’eau, mais chuuuutttt…et les cours qui baissent, et le prix du veau au kilo. Et tous ces gens qui se rendent pas compte, qui vont, mais qui sont bien contents, tiens…
Derniers feux, dernières guirlandes. Le vent du Sud, dernier coup de chaud avant le froid. Les oiseaux migrent, les premiers, faisant fi des frontières.
Agur
