Il est attablé, dans un coin. Table de quatre, qu’il occupe seul. Il converse avec un grand édenté, au comptoir. Du café pour chacun. Du rugby, au menu. Ce dimanche, ceux de Navarrenx qui jouent à Sauveterre…C’est le sujet.
-« C’est bien pour nous, d’avoir des matches de ce niveau, ici…
-Oui, il leur manque pas grand-chose…
-Tant qu’on peut en profiter…
-Dimanche dernier, ils auraient dû gagner à la fin… » Et les paroles s’envolent. Le grand s’en va. Lui demeure assis. Une femme entre, qu’il connaît. Flanquée d’un ami Alsacien. L’Alsacien est discret. Il a joué au tennis ; ça commence bien…On lui parle un peu de Rugby, dont il ne connaît pas bien les règles. « Les règles, elles sont élastiques » lui rétorque notre homme, assis, serein dans son angle. Il est en partance vers les soixante-dix ans. Comme les autres attablés. Elle reçoit son ami alsacien pour une quinzaine, il en a pris note. Il règle les cafés et salue tout son monde.
L’Alsacien est interrogé sur son coin, les Sudistes passent à l’offensive. Une dame plus âgée qui est entrée un peu plus tôt. Et qui s’avance vers cette fameuse boucherie-charcuterie dans Strasbourg. L’Alsacien, rétorque, un peu évasif puis reprend le contrôle. La choucroute est désormais sur la table. Il s’avance, fait état de cette cuisson « tout ensemble »…Je songe à un ensemble, décalé, ou à un décalé-ensemble…Ce qu’ils indiquent par « réerver » dans les recettes.
